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Cholet : un projet pour aller en L2

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Message par gregs le Jeu 11 Avr 2019 - 20:54

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Détection, recrutement, trading, formation, stade : l’habile stratégie de Cholet pour rejoindre le football professionnel

Publié le : 11/04/2019 - 20 h 00
Sébastien DENIS

À Cholet, on n'a pas beaucoup d'argent mais on a des idées. Sous l'impulsion de son président, l'homme d'affaires franco-turc Benjamin Erisoglu, le SO Cholet entame sa mutation. Grâce à un travail de détection et de recrutement de joueurs revanchards à fort potentiel de revente, le club du Maine-et-Loire frappe à la porte de la Ligue 2 et attend un nouveau stade fin 2020. Zoom sur un club dont vous n'avez sans doute pas fini d'entendre parler.


Kevin Rocheteau, l'actuel meilleur buteur de National avec Cholet, en action face à Lyon Duchère Kevin Rocheteau, l'actuel meilleur buteur de National avec Cholet, en action face à Lyon Duchère

À l’évocation de Cholet, rien n’indique que c’est de football que l’on va parler. Terre de basket, la cité choletaise s’est pourtant ouverte au foot sous l’impulsion d’un homme, Benjamin Erisoglu, et se trouve aujourd’hui aux portes de la Ligue 2 (5e de National 1). Homme d’affaires franco-turc de 40 ans, natif de la ville, Erisoglu n’était pas vraiment prédestiné à reprendre en main le Cholet OC, il y a quatre ans. À l’époque, le club du Maine-et-Loire végète en CFA 2. Mais un dimanche, alors qu’il assiste au match de son fils, qui évolue chez les plus jeunes, Erisoglu constate que le club est en grande difficulté. Lorsqu’il entend que le président veut passer la main, c’est tout naturellement qu’il décide d’y aller… sans ne rien connaître de la gestion d’un club de
football. Après l’avoir renforcé pour atteindre le CFA, le Cholet OC monte en National en 2017.

Un trio stéphanois pour faire grandir le club

C’est à ce moment-là que le PDG de Technitoit, entreprise de rénovation, s’entoure de deux anciens Stéphanois, Christophe Fayard (48 ans), nommé directeur général, et Yasine Kernou (40 ans), qui récupère le poste de directeur sportif. Ce dernier nous raconte les dessous de son arrivée à Cholet. « On est arrivé au club l’année dernière avec Christophe Fayard, après la montée en National. Comme le président part souvent loin pour ses affaires, il avait besoin de personnes de confiance et compétentes pour tenir le club, afin de continuer à avancer et à le structurer. Il a pris Christophe Fayard pour la gestion générale du club, financière et administrative et il m’a pris moi pour toute la partie sportive, pour le recrutement et pour être un relais entre lui et le coach. »

La première saison en National 1 (2017/18), celle de l’apprentissage, est douloureuse. Cholet se sépare de son coach et termine 14e du championnat. C’est là qu’un quatrième protagoniste entre en jeu. Romain Revelli. Titulaire du BEPF, ancien adjoint de Christophe Galtier à Saint-Etienne, Revelli est un coach jeune, formateur et qui aime donner sa chance aux jeunes. Il devient le nouveau coach du SOC. « C’est la personne idoine pour notre projet et pour mener à bien notre stratégie, explique Kernou. A savoir, prendre des jeunes avec un profil intéressant en se projetant en National 1 et en Ligue 2, mais surtout avec un potentiel revente. »

Réaliser de belles ventes en National, l’atout du SOC

Après une saison en place, ce dernier tente ses premiers coups et fait venir plus d’une dizaine de joueurs à Cholet, dont Nathanaël Saintini, considéré comme le premier gros coup du directeur sportif choletais, par ailleurs ancien agent. Recruté libre à sa sortie du centre de formation de Montpellier, avec un beau CV et deux sélections en Équipe de France U18, le roc défensif guadeloupéen de 18 ans ne va pas mettre longtemps à se faire remarquer et finalement quitter Cholet, six mois seulement après être arrivé. Direction la Suisse et le FC Sion, qui n’hésite pas à débourser 1 M€ pour l’acquérir.
Une stratégie de « trading » plutôt inédite en National et que justifie totalement Yasine Kernou. « Saintini, si on l’a laissé partir c’est qu’on avait la solution en interne. Sinon, on aurait attendu cet été. On avait pris Djessin Seba, qu’on a fait jouer à droite en défense lors des six premiers mois. Son vrai poste était défenseur central. Alors, comme on a vendu Saintini, c’est fort logiquement que Seba a repris le poste de défenseur central laissé vacant. Sans oublier qu’on a pris également le très polyvalent Moussa Diallo d’Auxerre qui peut jouer latéral droit ou milieu de terrain »
Plus fort, Cholet voit aussi son meilleur buteur, accessoirement aussi celui de National 1, Oussama Abdeldjelil, rejoindre le Red Star en Ligue 2 moyennant quelques milliers d’euros. Là encore, la décision est prise d’un commun accord entre Benjamin Erisoglu, Christophe Fayard, Yasine Kernou et Romain Revelli, car le remplaçant est déjà là, en interne. « Pour Oussama, c’est un peu pareil. Kevin Rocheteau, on savait que son meilleur poste c’était dans l’axe. On jouait en 4-2-3-1 et il jouait en excentré gauche. On savait qu’en le remettant en pointe, il ferait le boulot (5 buts depuis le départ de Abdeldjelil et aujourd’hui meilleur buteur de National 1) », nous confie Kernou. Avec 13 buts, cet attaquant de 25 ans arrivé de Niort l’été dernier, est « très intelligent » selon les dires de Yasine Kernou et peut jouer à tous les postes offensifs. L’actuel meilleur buteur de National 1 est déjà très suivi par des clubs de L2 en France mais également en D1 suisse et belge.

Autre joueur à fort potentiel et qui fait l’objet de nombreuses convoitises, Bradley Mazekou. Ce latéral gauche de 22 ans est l’une des belles surprises de la saison au troisième échelon du football français. Arrivé libre de Lorient où il avait résilié, Mazekou a déjà une valeur non négligeable. « Bradley, c’est le vrai latéral gauche moderne et des profils comme celui de Bradley à gauche son rares. S’il doit partir, on sait déjà par qui on va le remplacer. C’est mon rôle. Je me projette déjà sur l’année prochaine. On sait qu’on va être attaqué sur certains profils, j’anticipe sur la saison prochaine. Ça dépendra aussi de la fin de saison. Si on est en L2, à mon avis Bradley va rester. Après, un joueur sollicité qui a envie de partir, si mon président a ce qu’il veut en indemnité de transfert, il ne le retiendra pas. Je veux que les mecs adhèrent au projet  », explique le directeur sportif de Cholet.
Du « trading » pour faire grandir le club en attendant un centre de formation

Antichambre du football professionnel, le National est un championnat à part, sans moyen. Un entre-deux. Dès lors, une stratégie de trading maîtrisée peut apparaître comme une belle opportunité pour un club voulant accrocher rapidement la Ligue 2, sans gros moyens et sans disposer d’un centre de formation. Car la Ligue 2 est indispensable à tout club voulant se développer. « Notre objectif est de monter en L2 sans griller les étapes. Quand tu n’as pas de centre et que tu n’es pas pro, tu te fais attaquer. On a des éducateurs compétents. On a des U19 Nationaux, les autres sont en DH. Et ils ont de bons résultats. Mais à terme, avec la Ligue 2, on a vraiment envie de miser sur un centre de formation », explique Kernou.
Avant d’ajouter : « Nous on est un club de National, on n’est pas trop aidé financièrement. On aimerait que ça devienne professionnel parce que ce championnat est hyper intéressant, il y a de la qualité. On ne dépend pas de la LFP, on dépend de la FFF. C’est bien ce qu’ils font, mais ce n’est pas suffisant. Néanmoins, nous tenons à remercier la ville et l’agglomération de Cholet, notamment Mr le Maire Gilles Bourlouleix qui croit en notre projet. Reste qu’on se doit d’être plus malin que les autres. Et des transferts en National ça ne se fait que très rarement. Nous, on a la chance d’en faire. On essaie d’avoir un coup d’avance et de réfléchir. Mais on ne mettra jamais en danger sportivement notre équipe pour un transfert. »

Une technique de recrutement bien ficelée

Dès lors que l’effectif d’un club de National vient quasiment intégralement de l’extérieur, le rôle du directeur sportif, qui fait jouer son réseau et son expérience, est primordial. « Quasiment tous les joueurs de l’effectif viennent de l’extérieur. Pour l’équipe première, ma principale fonction est le recrutement. La chance que j’ai, c’est que j’ai été joueur, puis agent, avant de devenir directeur sportif. J’ai un gros réseau. Aujourd’hui, on n’a pas la capacité financière pour recruter une équipe de scouts implantée dans toutes les régions. Mais je compte sur l’aide de personnes, d’agents, d’éducateurs, qui me permettent de voir des profils intéressants. Je suis à l’écoute. Je travaille aussi beaucoup avec Wyscout. Je me déplace beaucoup, je me renseigne. Après, je suis source de proposition, mais on valide à quatre, tout le temps. Si on n’est pas unanime, on ne fait pas le joueur. »
Mais comment sont choisis ces « renforts », comme les appelle Yasine Kernou ? « On a plusieurs critères. Le premier c’est l’état d’esprit, la mentalité du garçon. Ça, c’est trop important. Je ne dis pas que je ne veux pas de joueurs de caractère, parce qu’il en faut, mais nous on veut des bons garçons qui travaillent. Le travail, c’est notre leitmotiv à l’image de notre président et à tous les niveaux du club, on travaille tout le temps. Nous, on veut des gars qui bossent. Notre entraîneur, il a une façon de travailler et veut des styles de joueurs bien précis, à savoir des mecs qui courent et qui écoutent pour bien progresser. Hormis les qualités intrinsèques du joueur, c’est la mentalité et l’état d’esprit qui comptent. Est-ce qu’il va se fondre dans le groupe ? Quelle est sa situation familiale ? Parce que tout ça c’est important. Moi je fais vraiment une enquête sur le joueur pour minimiser les risques. »
Actuel 5e, Cholet a dit adieu à une montée directe, mais peut toujours prétendre au barrage puisqu’il n’est qu’à 6 points du 3e, le Stade Lavallois, au classement du National 1. Et si jamais le club parvient à accrocher la Ligue 2, la stratégie de recrutement sera forcément adaptée. « La stratégie pour la Ligue 2 sera différente. On restera toujours sur cette logique de recrutement sur des profils qui ont faim et qui ont envie. Des profils jeunes, mais aussi expérimentés. Il faut allier les deux. Sur différents matches, on a perdu des points par naïveté. Mais globalement, en Ligue 2, on continuera à tenter des coups. Pour ça, il faut se déplacer par contre. Je m’intéresse à tout le monde. Comme j’ai été agent, j’étais de l’autre côté. J’ai vu comment ça se passait. Certains clubs te négligent, ne te répondent pas, te mettent en stand-by. Moi je ne néglige personne. »
Pas « les Qataris du National »

Quant à la manne financière générée par les deux ventes hivernales, a-t-elle changé la donne sur la façon de gérer le mercato ? Pas vraiment, à écouter le directeur sportif de Cholet. « Non, on travaille toujours de la même manière. Moi je reviens d’Afrique. Pour un club de National, on essaie de travailler comme un club professionnel, avec nos petits moyens. Je suis allé voir la Coupe d’Afrique des Nations U20. On essaie d’optimiser nos petits moyens dans le travail. Pour nos joueurs, ce sont des salaires cohérents de National, dans la moyenne. Beaucoup de gens pensaient qu’on avait des gros salaires, certains nous appelaient même les Qataris du National alors qu’on a le 7e ou 8e budget du championnat. On est un club familial, humble. On ne fera jamais de folie et on restera toujours cohérent. » Une stratégie payante pour le moment pour un club qui n’a pas fini de grandir et qui devrait disposer d’un ton nouveau stade modulable (de 6 000 places, qui peut aller jusqu’à 18 000 places à terme) dès la fin de l’année 2020.

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Message par Zebra68 le Ven 12 Avr 2019 - 7:43

Intéressant cet article.
Un vrai projet.


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